En juin dernier, Mahé, 18 ans, a réussi le concours d’entrée en CPES (classes préparatoires d’enseignement supérieur) en spécialité danse contemporaine, au Conservatoire à rayonnement régional de Toulouse. Portrait de cette élève douée, humble et déterminée.
A quel âge as-tu commencé la danse au Conservatoire de musique et de danse du Tarn ?
J’ai commencé à l’âge de 7 ans avec des cours de jazz. J’ai découvert le contemporain en 3ème à travers des stages à Albi. En 2nde j’ai basculé vers un cursus avec la danse contemporaine comme discipline principale, sur le site d’enseignement de Castres. Ma professeure est Nathalie Foulquier
D’où t’est venue l’envie de faire de la danse ?
Ce n’était pas un rêve de petite fille, je n’ai pas demandé à mes parents à faire de la danse à mon tout jeune âge. C’est arrivé un peu par hasard : ma meilleure amie en CP-CE1 m’avait demandé de l’accompagner à un cours de danse en MJC… au final je me suis faite embarquer par cette discipline qui est devenue ma passion. En 6e j’ai découvert la danse enseignée par le Conservatoire de musique et de danse du Tarn, par le biais d’une CHAD (classe à horaires aménagés de danse), avec la professeure Katia Barizza. A partir de la 5e , je me suis inscrite au CMDT pour pouvoir suivre plusieurs cours.
D’où t’est venue l’envie de faire de la danse ton métier ?
La vocation d’en vivre est arrivée à l’été dernier. Avec Georgia, une amie, également au Conservatoire, on s’est dit « pourquoi ne pas en faire un projet de vie plutôt que d’arrêter en Terminale ? » on ne se voyait pas arrêter la danse à la fin du lycée. On a donc tenté des auditions ensemble.
Comment va se passer ton année de CPES au CRR de Toulouse ?
Mon cursus CPES va durer un an, voire deux. A la fin de ma première année de CPES, j’aimerais faire des auditions pour des écoles à l’international : l’école CobosMika à Madrid ou l’International Dance Council – CID UNESCO en Autriche. Partir dans un autre pays me permettrait d’explorer une nouvelle façon d’enseigner la danse.
En parallèle de mon cursus CPES, je vais étudier dans le cadre d’une licence de biologie, avec le statut de sportive de haut niveau pour prioriser la danse.
Que t’a apporté le Conservatoire de musique et danse du Tarn ?
Une ouverture, l’opportunité de rencontres variées (chorégraphes, danseurs et journalistes spécialisés). J’ai aimé pratiquer à la fois la danse contemporaine et jazz, travailler sur des aspects différents de la danse. Mais aussi être sur scène avec des musiciens aussi, rencontrer des artistes et chorégraphes, et traverser leur pièce à travers des cours, pour comprendre l’univers de ces chorégraphes.
Qu’est-ce-que la danse t’a apporté ?
J’ai appris à me poser, à prendre le temps et à savoir ne rien faire : m’allonger, me poser et regarder, m’ouvrir à ce qui se passe autour de moi. J’ai appris à ne pas me focaliser sur moi mais à m’ouvrir sur le monde qui m’entoure et aux autres.
Qu’est-ce-qui te plait dans la danse contemporaine en particulier ?
J’adore les phases de recherche, d’exploration et d’improvisation. J’aime voir comment je peux questionner le mouvement, comment je peux aller plus loin, y amener une dimension nouvelle, explorer différentes sensations, car dans un même mouvement, plusieurs sensations peuvent se mêler. J’aime aussi danser sur une musique que je ne connais pas et me laisser porter par le mouvement, sentir mon corps qui commence à danser, et pas nécessairement ma tête qui prévoit et anticipe les mouvements.
Combien d’heures de danse faisais-tu par semaine au CMDT ?
J’en faisais 10 heures par semaine : 2 cours de jazz et 3 cours de contemporain, sans compter les temps de pratique que je fais seule dans le studio.
Quelles sont selon toi les qualités d’une danseuse contemporaine ?
Réussir à interpréter le mouvement et s’imaginer des histoires quand on danse, imager sa danse pour l’interpréter avec beaucoup d’émotion, qui est plus importante encore que la technique. Avoir une présence aussi. Et ne pas privilégier certains mouvements au détriment d’autres que l’on trouverait mineurs : les mouvements de transition doivent avoir autant de qualité que les mouvements plus forts. Il faut donner la même importance à tous les mouvements.
Quels conseils donnerais-tu à une petite fille ou un petit garçon qui veut suivre tes pas ?
Je lui dirais de ne surtout pas se comparer, d’oser y aller, voir, découvrir, que ce soit un cours ou une audition. S’il.elle n’est pas pris, ça lui fera toujours une expérience en plus. Il ne faut pas qu’il.elle se restreigne ou se contraigne.
As-tu un chorégraphe préféré ?
Leïla Ka car elle traite de sujets d’actualité, politiques et sociaux. J’aime les questions qu’elle pose dans ses pièces, le fait qu’elle traite de choses qui se passent dans le monde actuellement, qu’elle soit engagée dans son art.
Comment vois-tu ton avenir ?
A terme, j’aimerais être danseuse, interpréter le mouvement plutôt que le créer en étant chorégraphe.