Dans le cadre de notre série de portraits d’élèves, on vous propose aujourd’hui de découvrir Georgia, 18 ans, admise en CPES (classe préparatoire à l’enseignement supérieur) en Danse contemporaine au conservatoire à rayonnement régional de Lyon, après des années de formation au sein de notre Conservatoire.
A quel âge as-tu commencé la danse et quel est ton parcours au sein du Conservatoire ?
J’ai vu un spectacle de danse pour la première fois à l’âge de 3 ans, et j’ai adoré voir des danseurs sur scène. J’ai commencé à pratiquer cette discipline à l’âge de 4 ans, dans une petite école de danse en Ardèche. C’était plus exactement de l’éveil et de l’initiation.
Puis j’ai déménagé dans le Tarn, et j’ai fait de la danse dans une MJC, jusqu’à mon entrée en 6e où j’ai été en CHAD (classe à horaires aménagés de danse), avec la professeure du Conservatoire Katia Barizza. En 4ème , j’ai décidé de suivre des cours au CMDT, en danse jazz et classique, sous la houlette de Katia Barizza et Marion Cavaillé. Un jour, la professeure de danse contemporaine Nathalie Foulquier avait besoin de quelqu’un pour montrer un exercice lors d’un cours auquel j’assistais de manière inopinée : il s’agissait d’un travail de relâchement du poids du corps dans le sol. J’ai trouvé amusant le fait de danser avec le sol, j’ai aussi aimé le fait de faire ensemble, la fluidité et l’écoute au sein du groupe. J’ai décidé de suivre ce cours en 2nde. A partir de ce moment-là, je pratiquais donc du contemporain en plus de la danse classique et jazz : cela me faisait 11h de danse par semaine.
As-tu fait des stages de danse en parallèle de tes cours au CMDT ?
Oui, outre les cours au CMDT, j’assistais chaque année au stage de danse organisé par le CMDT, à Albi. Nathalie Foulquier m’avait dit de tester d’autres techniques, je me suis donc initiée à la technique gaga, développée par Ohad Naharin, à travers un stage donné par Mourad Bouyad à la Fabrique Danse à Gaillac. J’ai aussi suivi un atelier de découverte avec des danseurs de la compagnie Coline à Técou, où l’on explorait la théâtralité de la danse, via beaucoup de jeux de parole. Montrer sa voix, solliciter ses cordes vocales, est très intéressant en danse contemporaine.
Tu as été admise en CPES au conservatoire à rayonnement régional de Lyon. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Je viens de terminer mon année de Terminale et j’ai effectivement réussi ce concours. J’aurai 15h par semaine de contemporain, 1h de danse classique et 1h de jazz. J’y resterai maximum 3 ans, et je vais tenter dès la fin de la première année des auditions pour rentrer à l’école supérieure du conservatoire national à Lyon, qui dispose d’un jeune ballet, réservé à de jeunes danseurs classiques et contemporains. En parallèle, j’étudierai en licence STS (sciences, technologie et santé).
Qu’est-ce-qui t’a donné envie de faire de la danse ton métier ?
C’était un rêve depuis toujours. J’ai commencé par envisager une carrière en danse classique, mais quand j’ai vu le niveau qu’il fallait pour passer professionnelle, je me suis dit que ce n’était pas forcément pour moi. Jusqu’à cette année, je n’avais pas de plan précis. Le CMDT m’a aiguillée dans mes choix, m’a aidée à construire quelque chose qui tiendrait la route. Ma famille et mes amis m’ont encouragée à passer des auditions en danse contemporaine. Mahé, également élève au Conservatoire, a été à mes côtés durant tout mon cursus, et elle a passé les auditions avec moi.
Comment s’est déroulée ton audition ?
On a eu un échauffement, puis un cours technique d’1h15, des exercices à mémoriser, une improvisation sur la mobilité de la colonne vertébrale, et 30 minutes d’atelier sur une variation de Trisha Brown. Les présélectionné.e.s ont terminé par un entretien avec un jury.
Souhaites-tu chorégraphier ? Ou être interprète ?
C’est le côté interprète, danser sur scène, qui me plait.
Quelles sont selon toi les qualités d’une danseuse contemporaine ?
Etre adaptable, passer du tout au tout dans l’interprétation, travailler le mouvement du corps. Durant le stage de danse de cet hiver 2026 à Albi, le chorégraphe et danseur Emmanuel Eggermont nous a fait travailler cette capacité à passer d’un mouvement à un autre. Il faut être ouvert d’esprit, créatif et imaginatif dans l’improvisation. Il faut aussi avoir une capacité à donner de la force au mouvement, à mettre en place quelque chose de puissant. Christine Bernard, conseillère aux études danse et théâtre au Conservatoire à rayonnement régional de Toulouse, est venue me voir après mon examen du cycle III et m’a demandé : « est ce que tu t’imagines des choses quand tu improvises ? ça peut t’aider ». Depuis, j’imagine par exemple une surface brûlante pour sauter avec plus d’amplitude.
Quels conseils donnerais-tu à une petite fille ou un petit garçon qui rêve de suivre tes pas ?
Je lui dirais d’être curieux, créatif, de ne pas se laisser enfermer dans un cadre et de suivre sa propre voie, une voie qu’il va aimer, apprécier et qui va le faire évoluer.
Quel est ton chorégraphe préféré ?
J’en ai plusieurs. Thomas Lebrun, car il a un travail d’organisation des danseurs dans l’espace et une précision dans les gestes, un sens du détail caché dans ses chorégraphies. Son travail est fin et millimétré.
Mais aussi Alan Lucien Oyen, chorégraphe que le danseur Simon Le Borgne nous a fait découvrir. Sa pièce « Cri de cœur » est pleine de solos différents, qui retranscrivent des dialogues de films, à leur manière et avec des gestes. On l’a étudié pour l’examen du cyclé III, il nous a fait réfléchir à la façon de retranscrire un cri avec le corps.
Sans oublier Preljocaj et Carolyn Carlson, qui déploient des techniques contemporaines influencées par du classique : on a beaucoup de lignes, de grandes élévations de jambes.
Qu’est-ce-que la danse t’a apporté ?
Des amitiés. Une capacité d’organisation. Une certaine rigueur et ténacité, afin de ne pas lâcher la motivation.